Edward Barrow

Edward Barrow

S’il a la classe d’un acteur de la grande époque hollywoodienne , s’il a le nom d’un gangster fameux des années 30, Edward Barrow (c’est son vrai nom), d’origine anglaise par son père, est un auteur compositeur chanteur parisien qui envoûte par sa pop mélodique et enveloppante. Sa voix voluptueuse, délicatement féminine, s’accompagne de subtiles harmonies et d’instrumentations poussées, parfois hypnotiques toujours oniriques.

C’est au piano qu’Edward Barrow ouvre son album ‘The Black Tree’ nous menant vers sa route.

La nostalgie sera du voyage, nous croiserons au large de son océan de mélancolie, là où la mer rejoint ces points d’infini qui touchent une voute céleste constellée des lumières de son passé. Car il y a chez Edward Barrow une âme qui vagabonde dans les confins des souvenirs, une âme qui flirte avec la nostalgie. Edward Barrow nous embarque dans ses mélodies mélancoliques avec un art de s’évoquer sans pourtant tout nous livrer, seulement par bribes, par touches délicates à la manière d’un peintre impressionniste.

Bercé, enfant, aux sons de l’album « Broken English » de Marianne Faithfull qui ramenait de sa « descente aux enfers » des ballades éminemment poignantes ou de l’album « Bridge over troubled water » de Simon and Garfunkel. C ‘est dans la famille des musiciens de l’émotion et de l’intime qui’l faut placer Edward Barrow. On entendra planer quelques inflexions d’un Elvis, d’un Chris Isaak ou d’un Johnny Cash à la fin de sa vie, de la famille de ses chanteurs du noir, menant jusqu’à Nick Cave ou Andrew Bird, avec une voix chorale plus près de celle d’un Anthony and the Johnsons.
C’est au son du piano qu’il nous embarque sur sa mer aux rivages protecteurs (My Sea, Back To The Road) et c’est au son de l’autoharp qu’il nous ramène au creux du jardin aux arbres éteints où dort un être cher qui ne sourira plus que sous les paupières de ceux qui l’aimaient (The Black Tree ). On semblera parfois aux abords d’un far west américain où rode un héros solitaire retournant vers son « home » intérieur, un paradis en apparence perdu mais retrouvé par la grâce des jolis souvenirs ou finalement réveillé par la magie d’une rencontre amoureuse (Blue Eyed Man, Every Day Spent Together…). Une magie qui viendra aussi parfois du son d’un omnichord venant illuminer le chemin de ses éclats célestes (I see you when he smiles, Nothing in my belly). Et c’est plongé au coeur d’une coldwave réinventée qu’il trace les 1ères lignes d’un avenir radieux (Two Little Birds (part one)).

Car finalement, Edward Barrow est un cavalier romantique portant fièrement  sa fleur d’ancolie au revers de sa veste, oscillant entre la sombre introspection dans “Nothing in My Belly” et l’exaltation passionnelle vengeresse dans “Knife & Gun” ou tendrement amoureuse dans “Life is Beautiful” où la vie est magnifique à simplement être allongé sur la plage à regarder le ciel…

“Méconnu, le jeune homme niche la voix aérienne des Zombies
dans un écrin de sifflements fleuris dignes du meilleur Andrew Bird.”
(Les Inrocks)

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The Black Tree