Exsonvaldes

Exsonvaldes

Ensemble, les quatre parisiens du groupe Exsonvaldes depuis leur rencontre sur les bancs de la fac, il y a près de dix ans. Guitares au corps, à la recherche de la couleur, l’adolescence passée dans la musique de Nirvana, puis le choc Radiohead, l’expérience de comploter des chansons et de les envoyer direct au champ de bataille. Après deux premiers maxi où se forge l’idée d’un répertoire et d’un style, un véritable premier album sort en 2004, Time we spent together, à la fois somme et manifeste de ce qu’ils savent et entendent réaliser. En marge de toutes les velléités à reconnaître et désigner une scène rock française, le chant en anglais des Exsonvaldes ainsi que leurs influences revendiquées qui vont de préférence vers l’indé americain de Death Cab for cutie, à l’énergie de la scène belge en constante ébullition, leur ouvrent rapidement les frontières. S’en suivront une série de concerts en première partie des Girls in Hawaii, des sets remarqués en Suisse ou à Prague, une présence affirmée au Printemps de Bourges et plus d’une centaine de dates dans l’Hexagone pour la seule tournée de leur premier album : Time we spent together. Au feu soutenu des concerts, le groupe s’épanouit et se soude, tandis que le public grandit et les observateurs relaient cette dextérité à frapper et émouvoir : « Droit au coeur » écrit Nova magazine, « Maturité musicale impressionnante » s’enflamme Rocksound, « Envoûtant » abdiquent Les inrocks. A chaque concert, Exsonvaldes gagne du terrain sur ses doutes et prend la direction d’être ensemble, ce qu’on peut toujours attendre de meilleur de la route.

2009, le nouvel album. Après la tournée de Time we spent together, il est temps de revenir aux chansons. Penser au prochain disque. Tout part d’un titre, Lali. L’audace de nouvelles expériences, d’ajouter de nouveaux éléments à la tension des guitares, à l’impact et la richesse des mélodies qui sont la marque du groupe. Une légère touche électro, des programmations rythmiques, l’épaule d’une voix féminine pour s’autoriser l’émotion immédiate et aller vers la lumière. A partir de ce morceau, le disque va se construire patiemment. Irradié par la rencontre avec le réalisateur Alex Firla (Phoenix, Arthur H). « Sans Alex, explique Simon des Exsonvaldes, il aurait fallu trois ou quatre disques pour permettre au groupe une telle progression, pour que nous sortions de nos réflexes d’écriture ». Ainsi les chansons gagnent en lisibilité et en puissance. La fougue, les ruptures, les tangages n’existent que pour faire progresser la chanson, faire battre son sang jusqu’à la couleur. L’assaut idéal des guitares resserre son étau pour que la voix s’échappe vers des hauteurs fragiles et maîtrisées, où les lignes mélodiques deviennent les bras d’un même fleuve. Alex Firla conduit le groupe vers d’autres horizons, de nouvelles nostalgies. Ainsi, la chanson : 84 convoque Japan et Bauhaus, ainsi que le side project de Daniel Ash : Tones on tail ; forêt bruissante de guitares par-delà laquelle la voix s’émancipe ; il est dans cette chanson question de trajet, d’introspection et de libération, de densité et de grâce.

Near the edge of something beautiful. Enregistré à Paris, mixé par Alex Firla et masterisé par Mike Marsh (Depeche Mode, Klaxons). Un an et demi de travail acharné pour arriver aux douze chansons de l’album. Pour donner à la mélancolie comme à la rage, souffle et vitalité. Le temps à se faire devient du temps exprimé dans les textes, qu’il s’agisse d’histoires d’amour dénouées, ou bien de rendre compte des ambitions et des défections de la vie. L’angoisse, le voile mélancolique des textes, témoignent du chemin et de l’instant d’un groupe en pleine affirmation. « Nous sommes arrivés à un moment de nos vies, dit Simon, où tous les quatre nous avons choisi la musique, alors évidemment c’est un choix de vie difficile à expliquer à son entourage. Pour se faire bien comprendre, il faut s’affirmer et le revendiquer plus fort que pour toute autre activité. Nous prenons à chaque instant un risque, mais c’est aussi le risque d’aller vers quelque chose de beau. Je crois que les textes de cet album traduisent une angoisse qui n’est plus celle de l’incertitude, mais celle du risque. » Les temps changent, heureusement. Il n’est plus question pour les quatre parisiens d’Exsonvaldes de se frayer un passage et d’exister, mais d’avancer sur une scène où chanter en anglais n’est plus un obstacle. Quand bien même, la voix est trop grisante, le son trop offensif, l’attitude trop déterminée, pour se soucier des obstacles. Il n’est pas non plus question de rivaliser avec ses maîtres, mais de se définir et s’affranchir en douze chansons. Near the edge of something beautiful est un album varié et dense, qui a triomphé du jeu dangereux de prendre son temps, puisque tout est pesé et dépassé. C’est le rock insolent et humble, c’est-à-dire sans frontières, de quatre types qui quand ils ne donnent pas de concerts vivent à Paris. Nous avons ici affaire à onze chansons puissantes et inspirées, dont chacune a l’ambition de trouver sa couleur ; et au beau risque patient et permanent d’atteindre ensemble des sommets personnels.

 

 

Near The Edge Of Something Beautiful