Tristen

Tristen

Avec ses envies de gris, de blanc et de contrejours polaires, on pourrait se dire qu’il vient du grand froid… et pourtant, c’est du Sud de la France que Sébastien est originaire. Et c’est dans la chaleur où il fait bon vivre qu’il va creuser sa différence et construire la pudeur poétique qui habitera plus tard ses chansons. Il entame ses premières aventures musicales comme batteur dans des groupes de jazz rock, metal et autres réjouissances. Mais voulant élargir son horizon musical, il part à l’aventure et arrive à Paris en 2003.

Très vite, sur scène comme en studio, il enfile sa tenue de batteur/guitariste/pianiste/choriste et peaufine son savoir-faire d’arrangeur bricolo. Il prête oreille à tout et nourrit son imaginaire musical à coup de The Gathering, Syd Matters, Rien et Radiohead. il s’aventure dans des projets qui lui permettent d’exploiter toutes ses facettes : la pop acidulée avec C++, le folk rock aux structures nerveuses avec Myra Lee, le rock indé sans concession avec Querencia, la fraicheur mélodique avec Porco Rosso, l‘intensité narrative avec Jean Guidoni, le rock classieux d’écorché vif avec Alex Rossi

Ces collaborations enrichissantes le motivent peu à peu à explore r son propre univers, avec un réel besoin de créer et de poser les bases d’un petit monde bien à lui. Radio Néo a un coup de cœur en 2006 pour une de ses chansons, «the Child», qui tournera plusieurs semaines sous son propre nom. Puis, grâce aux conseils avisés de Michel Geiss (pianiste et ingénieur de mastering) et de Fabrice Ravel-Chapuis (pianiste arrangeur réalisateur), Sébastien porte le projet plus loin et fait naître Tristen.

Tristen s’assume alors enfin comme multiple et fait entendre cette «variet indé» totalement ovnique, aux accents délicats, qui fait cohabiter Tortoise avec Albin de laSimone, Mike Patton avec Benjamin Biolay, ou Stereolab avec Abba. On retrouve ces influences dans « L’Ombre à Suivre », son premier album, entièrement composé et joué quasi seul dans son home studio. Une démarche autarcique et instinctive pour des chansons qui «prennent leur temps», sur des arrangements soignés et jusqu’au-boutistes.

Dans les textes, écrits à plusieurs mains, on perçoit toute la contradiction et le doute de l’humain : on devine un artiste sensible, cru et torturé…touchant en somme
. On pourra y voir sensiblerie ou acuité, naïveté ou cynisme…Tristen assume tout parce que pour lui les choses peuvent être aussi simples et sincères qu’un texte écrit au premier degré, dans lequel ne reste que l’essence même de ses émotions.

Il se retrouve ainsi meneur désabusé de scènes érotiques, dans la chanson «sans mémoire de moi» prenant le contre pied de la parole christique prononcée lors de la Cène. Ou sous les traits d’un simple jouet en bois, perdu au fond d’une boutique qui n’existe plus dans «at the back of the shop», se rappelant son mal être passé. Ou encore en amant dépassé par la situation dans «drôle de fille».

Au bout du compte, il est l’observateur détaché et mélancolique de ses histoires, des histoires qui pourraient être les notres, des histoires de vie et d’envie :

Les histoires que l’on se raconte pour s’en sortir quand on est adolescent, histoire de…

Les histoires de cœur, qui se sont finies, qui ne sont qu’en devenir mais qui tracassent déja
ou qui durent quand elles ne devraient plus …

Les histoires de cul, qui ne mènent à rien sinon à un plaisir désincarné, ou qui mènent à tout,
à la transgression, à la jouissance…

Les histoires de mec-macho-ridicule, de situations déroutantes, d’idées destructrices et perverses.

Les histoires simples, belles … histoire que la vie vous rattrape.

L'Ombre à Suivre