Volvox Intox vous présente: Maud Lübeck

 

Le mois de janvier 2012 commence sur les chapeaux de roues chez Volvox avec la superbe signature de la très lumineuse et talentueuse Maud Lübeck.
Son premier album « La Fabrique » devrait sortir courant avril (le 16 avril si tout va bien), mais ne vous inquiétez pas, des mises en bouche savoureuses sont prévues pour vous aider à patienter.

 

Mais qui est Maud Lübeck ?

La poignée de chanceux qui ont découvert les chansons de Maud Lübeck au gré de ses timides apparitions sur la toile ou lors de prestations scéniques fragiles et émouvantes où, seule au piano, elle faisait retenir son souffle à toute l’assistance pendant de longues minutes savent déjà à quel oiseau rare ils ont à faire. Maud écrit des mélodies lumineuses avec une facilité qui frise l’insolence et interprète ses chansons avec une délicatesse pudique à en faire vaciller les sens. Nous accueillons ses pièces miniatures comme si elles nous étaient déjà familières et la raison de cela est que Maud Lübeck ne se contente pas d’adopter les codes de l’écriture pop, elle en épouse l’esprit. Elle saisit au vol un air, le travaille et nous le restitue comme une part de nous mêmes. Ce n’est donc pas étonnant si ses chansons sont là pour rester à jamais dans nos têtes, pépites entêtantes échappées de notre imaginaire collectif.

Il n’est pas possible de ne pas penser à quelques grandes figures tutélaires de la chanson française en écoutant la musique de Maud Lübeck, mais il serait vain de citer ici des noms qui seront certainement évoqués maintes fois à son sujet. Il n’y a pourtant aucune nostalgie dans la musique de Maud, sa démarche est foncièrement pop, donc moderne.

En témoignent ses textes, souvent courts et justes, qui touchent au coeur parce qu’ils refusent de se parer de vains oripeaux poétiques, de complications pénibles, et ne viennent jamais entraver les mélodies. Il n’y a pas d’une part les paroles et d’autre part la musique, il y a cette fusion harmonieuse qui le temps de quelques courtes minutes échappe à toute analyse. Des arrangements ciselés, apportant une profondeur cinématographique à l’ensemble, tranchent avec l’austérité trop souvent de mise lorsque l’on évoque la chanson française. Au croisement de la fraîcheur de la pop anglo-saxonne et de la réhabilitation d’un classicisme à la française, Maud Lübeck n’a à la vérité pas de compétiteur sérieux sur la scène actuelle.

Pas vraiment besoin de détails biographiques pour appréhender le premier album de Maud Lübeck. Citer des artistes amis et quelques collaborations aurait tôt fait de la placer dans une case où sa musique se sentirait à l’étroit. Il suffit donc de savoir qu’elle a débarqué il y a quelques années de son Sud-Est natal pour se poser avec ses instruments à Paris, que son éducation musicale fut principalement autodidacte, qu’elle a écrit seule toutes ses chansons et qu’à l’exception de quelques coups de main (les musiciens d’Exsonvaldes, les chœurs d’Anything Maria et d’Oshen et l’ingénieur du son Alexandre Firla), elle a joué et enregistré chez elle tous les sons que l’on retrouve sur son premier album.

Très (trop ?) discrète, Maud est pourtant à sa place aussi bien dans les lieux sacrés du music-hall parisien que dans les bars branchés de la capitale. Ne se revendiquant d’aucune époque musicale ou d’aucun style particulier, sa musique s’adresse finalement à tout amateur de mélodies universelles et de textes délicatement ouvragés. Et comme parler de sa musique est aussi vain que vouloir danser sur de l’architecture, il vaut encore mieux s’en aller directement écouter ses morceaux.